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| Services des bibliothèques publiques aux personnes âgées. Une suite d’étonnements et d’émotions ! (Anglophobes s’abstenir). Mes premiers contacts avec les bibliothécaires anglais qui m’accueillaient très amicalement ont été surprenants : à mes questions sur leur façon de desservir les personnes âgées ne pouvant se déplacer, on m’a répondu : "vous ne vous intéressez qu’aux personnes âgées ?", et on m’a expliqué que, pour eux, les vieilles personnes ne pouvant se déplacer ne sont qu’une partie de tous les publics ayant des difficultés d’accès aux bibliothèques ou aux documents : handicapés visuels, auditifs, physiques (dans lesquels sont classées les vieilles personnes en difficultés, sachant qu’elles peuvent cumuler plusieurs autres problèmes, souvent la malvoyance), les personnes ayant des difficultés face à la lecture (depuis la dyslexie jusqu’à l’autisme, mais aussi l’illettrisme), et encore les gens qui ont des handicaps liés à leur situation sociale (détenus, immigrants, …). Cette façon d’envisager l’organisation des services aux vieilles personnes permet de les sortir du ghetto où la société française se plait à les enfermer dès qu’elles sont un peu en difficulté (perte de capacités qui peuvent n’être que physiques, alors que les besoins de lecture restent les mêmes qu’avant… mais deviennent plus compliqués à satisfaire). La deuxième surprise a été ma découverte du très large champ d’action des services de "bibliothèque à la maison" : "Home Library" ou "Library Direct" : ils sont offerts aux personnes ne pouvant se déplacer du fait de l’âge, ou bien d’un handicap (temporaire ou définitif), mais encore de l’obligation de garde et de soin à une personne proche en difficulté, ce que l’on appelle les "aidants familiaux" en France dans le jargon de la gérontologie. Desserte directe à la maison ou dans le logement qui peut être inclus dans un ensemble de logements pour vieilles personnes (établissements divers). Tous ces services sont proposés gratuitement (dans les endroits que j’ai visités dans le Sud de l’Angleterre : le Comté du Hampshire, le Comté de l’Essex, Bournemouth et Islington, un des "arrondissements" de Londres). Des moyens importants : par exemple dans le Hampshire : 4 bibliobus adaptés (équipés d’un élévateur) pour recevoir les personnes peu mobiles ou en fauteuil roulant, 2 camionnettes aménagées, 10 salariés bibliothécaires et autres personnels de bibliothèques, 350 "Volontaires" (bénévoles) formés et encadrés, 1036 "Bons Voisins", porteurs enregistrés officiellement pour un de leurs proches ne pouvant se déplacer. Des collections importantes : 65 000 exemplaires de livres en gros caractères (= 8200 titres) et 84 000 livres audio (= 16 800 titres). La production éditoriale britannique est très développée sur ces supports ou formats : nombreux titres très grand public et récents. Objectif atteint : 2570 personnes (pleines de gratitude) reçoivent un service de portage à domicile, environ 1 fois toutes les 4 semaines. Mais le responsable du service "Equal Access" voudrait pouvoir faire plus, car il évalue les besoins à 10 000 personnes au minimum. Un énorme travail en direction des aveugles et malvoyants (souvent âgés) : - Portage de documents à domicile pour ceux qui ne peuvent se déplacer. - Dans les bibliothèques, nombreux appareils (ou logiciels) installés aidant à l’agrandissement des caractères d’un texte imprimé ou d’un écran informatique. Ou encore, machines à lire pour aveugles : scanner associé à une synthèse vocale grâce auxquels le texte est lu à haute voix. - Organisation de groupes de lecture de malvoyants qui partagent un moment, des réflexions sur un livre lu ou écouté par tous, des problèmes communs, ceci tous les 2 mois environ (11 groupes actuellement dans le Hampshire). - Prêts de vidéos en audiovision (avec addition d’une voix off décrivant l’action pendant les interruptions des dialogues). - Accès à "Revealweb" : catalogue national collectif des ressources documentaires pour malvoyants (Braille inclus) sur site web, accessible par l’intermédiaire de la bibliothèque (aide d’un "voyant") ou directement à la maison. Il y aurait encore beaucoup à raconter, mais c’est impossible ici. Je dois parler de la modestie des bibliothécaires qui m’ont reçue : à ma question "Pourriez-vous retracer l’histoire de votre service aux personnes âgées du Hampshire?", M. Nick Coe, le responsable du service "Equal Access" m’a répondu "Grands dieux, mais c’est 150 ans d’histoire des bibliothèques publiques du Royaume-Uni qu’il faudrait vous raconter !". N.B. Pour mémoire, environ 50% de la population britannique est inscrite en bibliothèque publique. Claire Chabaneix Médiathèque départementale Territoire de Belfort Retour aux archives |
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| Dans le cadre de la dernière Fête de la BD d’Audincourt, l’Accolad a organisé en collaboration avec l’Atelier BD du Centre régional d’éveil aux arts plastiques d’Audincourt une demi-journée d’étude sur le manga. L’intervention a été menée par Daniel Blancou, illustrateur jeunesse et professeur-relais à l’AtelierBD.com (Strasbourg) en présence d’une trentaine de documentalistes et bibliothécaires de la région. Compte-rendu. Historique du manga : Le terme "manga" a été créé en 1814 par Katsushika Hokusai, auteur des Trente-six vues du Mont Fuji. Ce terme est la contraction des deux idéogrammes chinois "man" et "ga" et peut être traduit par "dessins dérisoires" ou "images rapides". A noter que les mots japonais n’ayant pas de genre, "manga" peut-être employé indifféremment au masculin comme au féminin. Toutefois, dans son "manifeste de la nouvelle manga" l’auteur français et spécialiste du manga Frédéric Boilet propose de différencier LE manga, bande dessinée essentiellement grand public pour adolescents de LA manga, bande dessinée d’auteur, adulte et universelle, parlant des hommes et des femmes, de leur quotidien. Plusieurs critères permettent de définir le manga : ce sont généralement des livres petit format, souple, en noir et blanc, avec une importante pagination. Ces critères, qu’on retrouve d’ailleurs dans la production d’éditeurs indépendants de bande dessinée comme l’Association ou Ego comme X, font du manga un genre facilement exportable. Le fait que les mangakas (auteurs de manga) privilégient la narration au détriment d’un style graphique propre est à l’origine de l’illusion que les mangas se ressemblent tous. En France, l’apparition du manga se fait dans la revue Le Cri qui tue dont six numéros paraissent en 1979 et 1980. Le premier ouvrage manga publié chez nous, Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa (1983) connaît tout d’abord un succès limité, devant faire face à une forte réticence de la part des amateurs de BD européenne. A la fin des années 1980, la culture graphique nippone se popularise par le biais des "anime" diffusés à la télévision dans le Club Dorothée et Youpi, l’école est finie ! Le terme "anime" désigne toute la production de l’animation japonaise : dessins animés, séries télévisées, longs métrages cinématographiques… Cependant, le malentendu né de la diffusion de séries réservées à un public adolescent dans des émissions pour enfants donne à l’animation et par extension au manga une image de violence et de lubricité. Il faudra attendre la poésie des œuvres de Hayao Miyazaki (Mon voisin Totoro, Porco Rosso) pour que l’idée reçue que toute la production venue du Japon est mauvaise s’estompe. Repères bibliographiques : S’il désigne de façon générale toute la bande dessinée japonaise, le manga est dans les faits divisé en genres et sous-genres très précis. Cette parcellisation s’opère en fonction des différents publics visés (jeunes, adultes, filles, garçons…) et répond aux différentes modes (la série Captain Tsubasa de Yoichi Takahashi doit son retour en force en 2002 à l’organisation de la coupe du monde de football par le Japon) ou réalités sociales (l’explosion des "salaryman manga" faisant l’apologie de l’industrie et du commerce nippon). Parmi les nombreux genres, le shonen est un des plus populaires. Il s’adresse à un public adolescent masculin et privilégie l’action, l’humour et l’aventure. Les séries les plus connues sont Dragon Ball de Akira Toriyama, One piece de Eiichiro Oda, Ping-pong de Taiyo Matsumoto ou Kenshin le vagabond de Nobuhiro Watsuki. L’équivalent féminin du shonen est le shojo (manga pour filles). Ces ouvrages dont une des particularités est d’être réalisés par des dessinatrices explorent l’intimité de personnages féminins connaissant leurs premiers émois amoureux. Les intrigues sont fines et le climat romantique. La rose de Versailles de Riyoko Ikeda, Nana de Ai Yazawa, Ranma ½ de Rumiko Takahashi, Blue de Kiriko Nananan appartiennent au shojo. Le genre seinen est destiné à un public masculin adulte. Il traite de thèmes réalistes et sérieux tels que l’Histoire, le travail ou la famille. L’histoire des 3 Adolf de Ozamu Tezuka, Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa, Quartier lointain de Jiro Taniguchi. Le genre gekiga s’adresse également aux adultes et s’apparente à un manga d’auteurs comme il existe un cinéma d’auteurs. Il s’agit le plus souvent de réflexions philosophiques à la narration lente voir contemplative. Coups d’éclat de Yoshihiro Tatsumi (inventeur du terme "gekiga"), L’homme sans talent de Yoshiharu Tsuge, Dans la prison de Kazuichi Hanawa, L’homme qui marche de Jiro Taniguchi. Pour plus d’informations les bibliothèques municipales de Besançon ont édité une bibliographie "Panorama Manga 2005" disponible sur demande. Sites : Manifeste de la nouvelle manga : www.boilet.net/fr Mangarte, le magazine du manga : www.arte-tv.com/mangarte Sakka, collection de manga d’auteurs : www.sakka.info Retour aux archives |
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| Découvrir ou redécouvrir les Antiques à travers les fonds anciens comtois tel était un des objectifs d’une formation de l’agence ACCOLAD en octobre 2005. Cicéron, l’auteur retenu malgré son austérité, a donné lieu à une passionnante journée d’étude. Deux facteurs ont joué en ce sens, d’une part l’érudition et la passion communicative de l’intervenant Emmanuel Marine, conservateur et directeur de la médiathèque municipale de Dole, d’autre part l’intérêt des stagiaires. En effet plus de 10 bibliothèques comtoises ont répondu à un appel d’inventaire axé sur les éditions cicéroniennes conservées en Franche-Comté et plus particulièrement sur un ouvrage majeur le De Officiis. Sont ainsi repérés 11 ouvrages différents au XVe, 65 au XVIe et 17 au XVIIe, quant aux De Officiis sont relevés 4 rares incunables à Besançon puis 26 éditions au XVIe, 12 au XVIIe, 13 au XVIIIe et 17 au XIXe. Le XIXe voit sous l’influence des universités converger les productions éditoriales. La formation s’est développée sur la connaissance de l’auteur ancien, l’étude de son traité le plus édité et l’analyse d’ouvrages rares conservés à Dole, à Gray et Vesoul par exemple. Cette première formation sur les Antiques a permis de repérer des éditions, de sensibiliser, de comprendre la diffusion des savoirs (comparer les données comtoises avec d’autres régions serait intéressant), de comprendre le sens d’un recueil compilant Cicéron et Erasme, cet ouvrage est en cours de restauration pour la BM de Belfort. La curiosité, l’intérêt et même l’humour étaient suscités en découvrant l’impact de Cicéron sur les débats politiques et historiques franco-allemands en 1870 puis en 1940 pour aboutir à son usage dans des fictions policières anglo-saxonnes contemporaines. Un pari donc réussi qui soulève de nouvelles demandes pour 2006. Virgile et ses nombreuses éditions illustrées est l’auteur plébiscité. Retour aux archives |
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